Premier billet


Intro : Printemps érable

     Laurina a six semaines et demie alors que je débute ce blogue. 
     Pendant ce printemps érable, printemps d’éveil social au Québec, j’étais enceinte et j'avais le nerf sciatique coincé (ce qui me donnait des douleurs jusqu'au dos). J’avais du mal à marcher plus de quinze minutes. J’ai regardé tous les manifestations pacifiques et moins pacifiques depuis mon ordinateur, sans pouvoir y participe. Et en toute honnêteté, le fait d’être mère d’Alixia (qui avait ce printemps trois ans et demi) me faisait sentir une peur et une responsabilité immense, un peur qui m’a retenue de sortir dans les rues.
     Il y a eu de la violence lors des manifestations, même les pacifiques, même celles avec de jeunes enfants. Avec mon incapacité à marcher longtemps, en étant enceinte et mère, bien que je mourais d’envie de participer, j’ai préféré protéger ma jeune famille.

Superbe vidéo réunissant des moments ou des personnages clefs des manif du printemps.

       Au cours de l’hiver et du printemps de ma grossesse, j’ai écouté de nombreux reportage sur de nombreux système (politique, monétaire, économie, médecine, pharmaceutique, psychologie, éducation, les énergies nouvelles, les théories d’énergies perpétuelles, les voitures électriques, les voitures à l’eau, la nutrition, l’industrie alimentaire, l’agriculture biologique, etc.). J’ai vécu, à ma façon, l’éveil du printemps érable, une ouverte de la conscience sur le monde environnant, la pollution, la crise sociale. Le besoin d’un changement.
     Il y a longtemps que j’en ai conscience, si ce n’est pas depuis aussi longtemps que je puisse me rappeler. Mais depuis le début 2012, ce qui s’éveille en moi, c’est le côté combattante. À une époque, j’avais l’énergie pour me battre, pour défendre ce que je chérissais le plus. J’ai perdu mes armes et mes convictions quelque part au cours de ma dépression (que j'ai eu au début 2000). J’en accuse souvent la médication contre la dépression, que j’ai prise pendant trois ans.

Activiste

     J’ai l’impression d’avoir ouvert un coffre enfui et d’y avoir retrouvé mes armes, poussiéreuses, mais toujours présente, sommeillant dans l’attente de mon retour. Dans l'attente de mon réveil. Une partie de moi a repris vie ce printemps, avec le désir renouvelé de devenir une activiste. 
     Une activiste de quoi, au juste?
     Je ne savais pas trop, mais ça me brûle depuis l’été passé. Je dois faire... quelque chose!
     En 2008, enceinte d’Alixia, j’étudiais l’herboristerie pour apprendre à soigner ma propre famille dans l’harmonie de la nature. L’été passé, je voulais partir en éducation (je pensais, entre autre, au projet de l'école libre).


Bande-annonce de la web-série "La Déséducation".


     Ce printemps, j’ai eu un court moment de désolation, parce que je ne suis pas une musicienne, qui pourrait simplement sortir avec une guitare ou des tamtams et commencer à chanter la rage que j’ai sur le cœur ou charmer avec mes idées et mes espoirs pour un avenir meilleur.
      Puis je me suis rappelée que je suis écrivaine et artiste peintre (dah!) (mon blogue de projets d'arts et d'écriture et mon folio en-ligne sur DeviantArt), ce qui n’est pas rien! Ces talents peuvent me servir à des fins activistes, mais sur ce sujet, ce sera sur mon autre blogue, puisque celui-ci à un tout autre thème que les arts littéraire et visuel.

Deux de mes dernières peintures / dessins.


Questions fondamentales

     J’ai compris bien vite, ce printemps, que je m’éparpillais vraiment trop. Il y a trop de choses qui m’intéressent, trop de choses que je voudrais faire et peut-être pas assez de temps dans une vie pour les accomplir. Je dois trouver des focus. J’ai donc épluchée la question. Qu’est-ce qui est important pour moi? Sur quoi j’aimerais travailler? À quoi j’aimerais dédier ma vie? Qu’est-ce qui est au cœur de ma vie?
     C'est drôle quand même d'avoir ces questions en tête, alors que je savais parfaitement ce que je voulais faire de ma vie à 16-18-21 ans... Et puis, la vie s'est déroulée devant moi. Les choses ne se sont passées comme je l'avais prévu. Alors nous voici donc de retour aux questions existentielles...

Quatre choses sont ressorties

     Dans l’ordre, le plus important, c’est la vie elle-même. 
    La vie, la santé et le bien-être. Avec l’épisode du cancer de ma mère, je l’ai compris – ou plutôt, mon père me l’a fait voir – sans la santé, on ne peut rien faire de sa vie. La vie, c’est ma famille avant tout, mais aussi toute la vie autour de nous, la vie nécessaire à préserver la vie. Sans la nature, qui elle-même a besoin d’être en santé, il n’y aura pas de santé pour nous. Nous vivons en symbiose avec la nature. La nature nous nourrit et nous la nourrissons en retour. Nous devons vivre en synergie avec elle.
     Le second, c’est l’éducation. Mes parents, mes professeurs et la communauté autour de moi m’ont enseignés ce qu’ils savaient. Je fais ensuite ma part des éléments que j’ai ingéré et je choisis lesquels je transmettrai à mes enfants et petits-enfants. L’héritage du savoir, le partage des compétences manuelles, de l’expérience de vie des autres. L’héritage qui a le plus de valeur. Celui qui ne peut nous être volé, mais qui peut être partagé à de nombreux êtres.
      Ensuite vient l’écriture et la peinture. Mes passions. Mes voix. Un moyen pour moi d’enseigner, peut-être, ce que j’ai appris, ce que j’aimerais partager.
      Par le volet de la vie en santé, j’ai un vieux rêve que je caresse depuis longtemps, qui est de faire ma propre agriculture. Avoir un vaste potager et faire pousser moi-même mes fruits, mes légumes, mes plantes médicinales, mes noix si c’est possible. Je rêve d’avoir mon propre poulailler et des poules en liberté pour collecter les œufs.

Culture par compagnonnage

     Il y a quelque temps déjà, je ne pourrais pas dire quand, je suis tombée complètement par hasard sur un article de wikipédia sur« les trois sœurs », qui est un principe d’agriculture amérindien, avec quelques maïs, des haricots et des courges qui poussent ensemble. Le maïs fournit le tuteur nécessaire aux haricots rampants, les haricots enrichissent le sol en azote, ce qui favorise la croissance des deux autres, puis les courges avec leurs grandes feuilles, réduisent la quantité de mauvaises herbes, crée un microclimat qui retient l’humidité au sol et leurs épines protègent le trio des herbivores. 
     Je vous laisse lire l'article de wikipédia pour plus de détails.

     J’ai été fascinée par cette méthode, en me disant qu’il doit bien exister d’autres combinaisons. Chantal, mon professeur de plantes médicinales, dirait que ça s’appelle du compagnonnage.
     Cette technique d’horticulture consiste à associer certaines plantes pour que chacune puissent avoir l’avantage de sa voisine. Par exemple, certaines plantes attirent naturellement les insectes alors que d’autres les repoussent. Il s’agit donc de jumeler une plante particulièrement fragile aux insectes avec une autre qui les repoussent naturellement, ou une plante qui les attirerait et ferait office de piège, pour protéger celle qui est fragile. Il existe une multitude de combinaisons du genre.

     J'ai pris la décision d'étudier, comme je le peux, à la vitesse que je peux (j'ai deux jeunes enfants à la maison avec moi), ce type de culture et de créer un "journal de bord" pour y décrire cette aventure et y tenir toutes les informations que je trouverai. J'ai éventuellement pensé qu'il serait pertinent de mettre ce journal de bord en-ligne, pour offrir à d'autres ces informations, gratuitement. Il m'importe peu que j'aie ou non des lecteurs, je le fais avant tout pour moi. Si je peux aider d'autres personnes en chemin, eh bien tant mieux!
     Voilà comment est né "(Ré)apprivoiser le Dragon Vert".

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