Les troubles du spectre de l'autisme

Cet article est paru dans la revue gratuite Vitalité Québec - Octobre 2014 - No 178, écrit pas Marie M. Breton, ND.A. que j'ai trouvé au supermarché Avril de Brossard.


(Comme j'ai copié l'article d'une revue imprimée, j'ai fait personnellement le choix des illustrations pour cette parution. Les fiches des signes et des symptômes ont été tirées de l'anglais; j'ai pris soin de les traduire moi-même).

     On entend de plus en plus parler de l'autisme, du trouble de spectre autistique (TSA) et des troubles envahissants du développement (TED).


     Selon l'American Psychiatric Association, les troubles du spectre de l'autisme (TSA) sont caractérisés par un déficit persistant dans la communication et l'interaction dans différents contextes ainsi que par des comportements, des champs d'intérêts ou des activités restreints ou répétitifs. Il peut s'agir entre autres d'un discourt ou de mouvements répétitifs ou stéréotypés, d'une adhérence inflexible aux règles, de comportements ritualisés ou d'une résistance au changement.
     Les troubles du spectre de l'autisme incluent l'autisme, le syndrome d'Asperger et les troubles envahissants du développement non spécifiés. Il est de plus en plus préoccupant de savoir qu'au Canada, 1 garçon sur 54 et 1 fille sur 252 sont atteints d'un trouble du spectre de l'autisme. Les TSA sont donc cinq fois plus fréquents chez les garçons que chez les filles (Center for Disease Control, 2012).
Aligner des objets est un comportement occasionnel du TSA.
     Cette croissance fulgurante est attribuable à quatre facteurs: 1) un certain nombre de personnes atteintes d'un TSA aujourd'hui auraient reçu un diagnostic différent auparavant; 2) d'autres auraient subi l'omission diagnostique, c'est-à-dire que les enfants n'ayant reçu aucun diagnostic par le passé reçoivent aujourd'hui un diagnostic de TSA; 3) l'élargissement des critères diagnostiques; 4) et enfin, la réelle cause de cas (1). Ce dernier facteur est inquiétant! En ce moment, les causes précises de l'autisme demeurent peu connues. Toutefois, si les facteurs environnementaux restent à être validés, plusieurs études étiologiques prouvent une base génétique prédominante au TSA (2).
     Comme le mentionne l'organisme Autism Speaks, toute intervention précoce (c'est-à-dire au cours des cinq premières années de vie, lorsque la plasticité cérébrale est importante) pourrait améliorer significativement le fonctionnement de la plupart des enfants atteints (Autism Speaks, 2012; Nachshen et collab. 2008). Dans cet ordre d'idée, l'approche naturopathique étant multifactionnelle, les points suivants seront pris en considération.

Troubles gastro-intestinaux

     Outre les symptômes touchant le système nerveux, les troubles gastro-intestinaux sont très présents chez les gens atteints de TSA, touchant jusqu'à 85% d'entre eux (Autism Speak, 2012). L'intestin est le plus grand organe du corps humain et participe à de multiples fonctions. Il est constitué du microbiote, autrefois appelé « flore intestinale », mais aussi de celles se trouvant dans tout le système gastro-intestinal (estomac, selles, etc.). Ce microbiote constitue le plus grand réservoir du microbiome de l'organisme humain. Il est essentiel à l'assimilation des nutriments, participe à la régulation de certains neurotransmetteurs, à la régularisation de l'immunité, à la fermentation des fibres alimentaires et à la production de certaines vitamines du groupe B. C'est pourquoi une flore intestinale saine est essentielle pour être en santé. De plus en plus de recherches parlent de l'intestin comme étant le deuxième cerveau humain.
     Une dysbiose, c'est-à-dire un changement dans la composition ou la stabilité des populations bactériennes de l'intestin, peut être due à des intolérances alimentaires, à une prolifération des levures ou de bactéries pathogènes, à la prise d'antibiotiques, à une intoxication aux métaux lourds, etc. L'utilisation quotidienne d'un mélange de probiotiques contenant diverses souches de bactéries amies (lactobacilles, streptocoques et bifidobactéries) permet de réensemencer cette flore si précieuse et peut diminuer les symptômes d'un TSA. Du côté alimentaire, le tempeh, la boisson « kombucha », la choucroute(3), le miso et le kéfir sont les meilleurs choix d'aliments, puisqu'ils renferment une grande quantité de bonnes bactéries.

Fiche de symptômes du TSA


Métaux lourds

     Une hypothèse soutient que, chez l'autiste, la capacité naturelle de l'organisme à se débarrasser des métaux lourds serait réduite à la suite d'un polymorphisme génétique. Il pourrait y avoir une relation causale (directe ou indirecte) entre l'exposition du cerveau aux métaux lourds et certains symptômes de l'autisme. Ces métaux sont apportés (éventuellement in utero) par la nourriture, l'eau, les amalgames dentaires, certains médicaments, les vaccins ou l'air inhalé. La toxicité des métaux lourds pour le cerveau pourrait expliquer, du moins en partie, la réponse cérébrale diminuée à la perception de la voix observée chez l'autiste(4).
     Ces métaux s'accumulent dans les tissus, perturbant leur développement, principalement dans le système nerveux, en particulier le cerveau. Les enfants présentant un taux plus élevé de métaux lourds dans leur cheveux sont ceux qui, plus tard, réussiront le mieux les tests de coordination et le test de Boston évaluant les capacités cognitives. Il est normal de retrouver du mercure dans les cheveux des sujets sains, car ceux-ci éliminent le mercure provenant de l'environnement, de l'eau, des résidus d'amalgames de la mère, etc.

Problèmes métaboliques

     Le glutathion est l'antioxydant intracellulaire le plus important. Le glutathion joue un rôle essentiel dans la détoxication des métaux lourds et de certains polluants, ainsi que dans la régulation des lymphocytes T, dans l'intégrité de l'épithélium intestinal et dans la fonction mitochondriale. La synthèse du glutathion nécessite un acide aminé appelé « cystéine ». En outre, les personnes atteintes de TSA présentent des taux de cystéine inférieurs d'environ 29%. De plus, les enfants autistes sont plus à risque d'éprouver des problèmes en ce qui a trait au transport des folates réduits (vitamine B9), alors qu celle-ci jour un rôle essentiel dans la reméthylation de l'homocystéine en méthionine (James, 2006). Cette action métabolique est très importante pour assurer une bonne détoxication hépatique et la prévention des troubles cardiovasculaires, mais aussi pour éviter les dommages oxydatifs.

     Il est essentiel que nous puissions utiliser la science actuelle afin d'aider les nombreuses familles touchées par l'autisme. Il est également très important de pouvoir travailler en se fondant sur un paradigme qui tient compte de cette réalité. Plusieurs autres facteurs seront aussi à prendre en considération, comme la régulation des neurotransmetteurs, l'équilibre des acides gras, des vitamines et minéraux, ainsi que la fonction mitochondriale et les fonctions métaboliques. Cette approche permet de changer le paradigme voulant que l'on ne puisse rien faire poutre traiter efficacement les troubles du TSA, et par le fait même améliorer la qualité de vie de ces enfants et de leur famille.


Références
(2) Miles, J.H., « Autism spectrum disorders - a genetics review », Genetics in Medicine, vol. 13, No 4, 2011, p.278 à 294.
(3) Note (ajout) personnel: la choucroute ancestrale en lactofermentation (et non celle au vinaigre!)
(4)  http://fr.wikipedia.org/wiki/Théories_de_l'autisme_et_des_troubles_envahissants_du_développement

Les cures préventir du cancer (8)

Suite de :

Conférence du Professeur Henri Joyeux, cancérologue et conseils nutritions.


      Lorsque la propagation d'un cancer diminue, ce n'est pas grâce à l'avancement de la médecine ou des soins de ce cancer, mais l'augmentation des bonnes habitudes de vie qui préviennent ce cancer. 
     Rencontrez ici le professeur Henri Joyeux, professeur de cancérologie et de chirurgie digestive à la Faculté de Médecine de Montpellier, spécialiste en nutrition et cancer, alors qu'il donne une conférence gratuite en Belgique.




Professeur Henri Joyeux
     Professeur Joyeux le dit clairement dans son discourt, il ne veut pas devoir soigner le cancer: il désire au plus profond de son être PRÉVENIR le cancer, informer le grand public des changement de comportements simples et quotidiens, les éduquer à propos de la consommation de certains aliments, comme les produits laitiers, le sucre, les bouleversements endocriniens dus aux pilules contraceptives, viandes rouges (rapidement), avec un bel exposé sur les conséquences de santé pour chacun. 
     J'aime bien comment il fait un survol du système digestif, de la bouche au rectum, pour expliquer globalement comment chacun fonctionne, les bonnes habitudes, les mauvaises, pourquoi et les conséquences pathologiques de ces mauvaises habitudes. Dans cette vidéo "première partie", il parle principalement du cancer du système digestif et hormonaux, et des habitudes nutritionnelles.






     Dans la deuxième partie, le Professeur Henri Joyeux éduque à propos du gluten et de la maladie cœliaque, puis en répondant aux questions du publique, il informe au sujet des phyto-hormones, ostéoporose, Alzheimer, hypo/hyperthyroïdie, la gomme à mâcher, les fibres, les légumineuses (comment les faire cuire pour qu'ils soient pleinement nutritif, tout en évidant les troubles intestinaux souvent reliés aux légumineuses), les fruits versus le jus de fruits (qui fait écho à son énoncé dans la vidéo précédente sur les bienfaits de la mastication et des fibres), les méthodes de cuissons les plus vitalisantes ou au contraire, l'exercice physique, les plus destructives pour les nutriments, le sujet de la santé hormonale revient souvent, SPM, santé mammaire, cancer du sein, ménopause... l'hyperactivité. Il donne des trucs facile d'herboristerie, ouverture à l'aromathérapie ou autre thérapie alternative et surtout la nutrition, tout pour favoriser la prévention. (La vidéo coupe très raide, en plein milieu d'une histoire... Je vais tenter de trouver (plus tard) une meilleure vidéo de la même conférence, si elle existe. :)

Dilemme, questionnement, état d'âme...

     Je vis un dilemme dont je ne trouve pas la réponse, depuis 2012, depuis que j'ai pris profondément conscience des problèmes climatiques et sociaux. À quoi bon être écrivain, à quoi bon avoir une job, alors que je vois la Nature s'écrouler partout et la Vie menacée?
      Je sens l'urgence d'agir, nous sommes au bord du gouffre et pourtant, la vie continue comme si rien n'était. On continue de surconsommer comme si les ressources étaient infinies, alors que nous sommes dans la pente descendante (et abrupte) du déclin. On continue de consommer du pétrole sous toutes ses formes, alors que nous savons que nous avons dépassés l'ère de "pic pétrolier". Le pétrole qui reste à chercher est toujours plus "compliqué" et polluants à extraire et de plus en plus compliqué et polluante à le raffiner. Et on ne parle pas encore des minéraux, comme l'or, qui sont tous aussi compliqués et polluants à miner de nos jours. On fait semblant qu'on est dans un "golden age", mais il est fini depuis plusieurs décennies.

     Alors à quoi bon avoir une job, à quoi bon aller au gym, ou poursuivre ses études... à quoi bon poursuivre notre quotidien... alors qu'on devrait tous s'arrêter et travailler pour créer les changements nécessaire pour la survie de l'humanité!??

     Et des changements, il en faut à tous les niveaux, depuis la gouvernance du monde, l'économie qui, telle qu'elle est fondée en ce moment, est l'ennemi juré de l'écologie (et donc, de notre habitat, de notre épicerie, de l'air qu'on respire, de l'eau qu'on boit). L'économie telle qu'elle est maintenant nous mènera à notre perte! Mais il y a aussi des changements plus simples, comme notre consommation personnel, et les petits changements d'habitudes tous simple et quotidiens qui feront une grande différence, comme acheter en vrac, comme acheter des objets plus durables et les remplacer moins souvent. Recycler, c'est bien, mais c'est une industrie aussi polluante. Il faut avant tous repenser l'utilisation des ressources, car elles sont toutes limitées et nous en sommes beaucoup trop gourmands.
     Et je suis là à vouloir changer le monde, mais en même temps, mon "bliss" c'est l'écriture... et je n'arrive pas à concilier mon besoin d'écrire (que je sens ne pas être suffisant pour l'urgence de la situation) et ma peur de voir tout s'écrouler, de voir l'humanité tomber dans une crise planétaire pour les ressources, pour sa survie, des guerres autour des dernières sources d'eau potable...

     Plusieurs me disent que comme l'écriture est une de mes forces, c'est peut-être ma réponse par la sensibilisation et l'inspiration (quoique je n'ai pas l'impression que ce soit "assez fort" comme action). Je vais méditer sur le sujet; j'ai déjà plusieurs idées qui me viennent.
     À suivre!

Petit contre-temps...

     Je voulais prendre le temps de poster un petit mot après une période de silence involontaire. J'avais plusieurs articles en tête à écrire, entre autre dans la série « Cures alternatives contre le cancer » et dans la série « Concept de l'éco-communauté ». 
    Mais voilà que la vie nous a réservé une petite surprise imprévue qui a mené mon amoureux et père de mes filles en ambulance, puis une petite semaine à l'hôpital, puis un mois de convalescence. Je vous rassure, tout se remet tranquillement en place et on ne craint plus pour lui, mais disons que les premières semaines, nous vivions au jour-le-jour, et les projets ont été placé temporairement de côté.




    Nous avons aussi eu la visite de ses parents pour nous aider (ils sont en France, nous sommes au Québec), qui ont été logé chez mes parents. Donc la conclusion de cet « obstacle » dans nos vie aura été de resserrer tous les liens familiaux. :)

     Si les articles n'ont pas avancés comme prévus, les idées elles progressent! L'été arrive aussi à grand pas et il me manque une garderie pour une de mes filles pour la saison estivale, avant son entrée à l'école. Alors, je ne peux pas encore faire aucune promesse sur ma disponibilité à avancer les nouvelles-web du projet du Dragon Vert, mais j'ai déjà plusieurs choses inscrites à mon horaire pour la progression "physique" du projet. ;o)
     Sitôt que les choses avancent de façon significative, je prendrai le temps d'écrire des nouvelles. 

     Alors, à bientôt!

2.c) Une coopérative pour les éco-entreprises et la terre.

      Lorsque je regarde d'autres projets d'écovillage, il m'arrive de tomber sur des projets plutôt domiciliaires, qui sont dans des places parfois à rêver, mais qui… n'offrent pas tellement de solutions côté emploi. Si l'on quitte les grands milieux urbains, nous, en mal du système… il faut tout de même penser à un revenu.

Revenu?

     Le côté «économique» des choses rend souvent les coeurs froids; soit par l'appât du gain qui chavire si facilement vers la corruption; soit par la peur de cet appât! Dans les groupes écolo-sociaux, il n'est pas rare de tomber sur les sujets de «monde sans argent», comme dans la vision du visionnaire et futuriste Jacques Fresco, ou autre révolution économique, comme le propose par exemple Charles Ensenstein dans son livre «Sacred Economics». Et je suis d'accord avec ces points!


     Par contre, nous ne sommes pas rendu dans de telles société encore. Quoique je ne me suis pas encore fixés les idées sur quelle genre d'économie ou système financier j'aspire (je manque de recherches, d'approfondissement et de réflexion à ce sujet), ça reste pour moi un but à moyen ou long terme. Dans l'immédiat, la réalité des choses fait qu'il est plus facile de fonctionner en société avec le système monétaire et il est possible de le faire sans tomber dans la corruption.
     Si je peux me permettre une métaphore: lorsque nous avons un meurtre sous la main, le fusil est l'arme du crime… pas le criminel en soi! Il en va de même pour la monnaie, qui est avant tout un outil d'échange... et elle a la valeur qu'on s'accorde à lui donner.

Économie écologique?

     De plus en plus, le mot est dit haut et fort, «C'est le capitalisme (ou l'hyper-consumérisme) qui est responsable de la crise environnementale». Il va de soit que l'écologiste-activiste en moi n'est pas en faveur de l'hyper-consumérisme: c'est un non-sens à la vie de consommer toutes les ressources naturelles au rythme actuel, pour en faire des produits avec obsolescence programmée qui seront mort avant la véritable usure de lesdites ressources. Les poubelles d'aujourd'hui deviendront les mines de demain!
     Arrivés dans un nouveau éco-village, c'est très excitant tout cela, mais la vie continue! Et un revenu familial restera essentiel, en attendant les changements de société de ce côté. Je pense qu'il y a plusieurs ressources pour créer une «économie écologique» ou une économie «à grandeur humaine». Nous avons besoin de revenus, pas de tous êtres millionnaires! Et un revenu pour tous, c'est aussi possible sans saccager la nature, sans la saigner à blanc de toutes ses ressources naturelles.
     Donc, j'ai fait mention des éco-entreprises dans le Concept global du projet, mais je me dépêche de préciser que celles-ci devront être en coopérative!

Qu'est-ce qu'une coopérative?

     Sur le site du gouvernement du Québec, nous pouvons lire la définition des coopératives suivante:
     Une coopérative est une personne morale regroupant des personnes ou des sociétés qui ont des besoins économiques, sociaux ou culturels communs et qui, en vue de les satisfaire, s'associent pour exploiter une entreprise conformément aux règles d'action coopérative.
     Comme la société par actions, la coopérative est une personne morale distincte de ses membres et la responsabilité de chacun des membres y est limitée à la valeur des parts souscrites.
     Toutefois, elle se distingue des autres entreprises par le mode de répartition de ses excédents. Ceux-ci sont remis aux membres sous forme de ristournes, selon l'utilisation de chacun des services de la coopérative.
     Voici deux courtes vidéos pour mieux illustrer:




     Il y a donc un aspect lucratif à la coopérative, toutefois les revenus ne tombent pas dans les poches selon un mode pyramidal comme dans une corporation, mais elle est versée de façon égales entre tous. Ce sont aussi des entreprises très démocratiques, où chaque travailleur(se) a un droit de vote égale pour les décisions de l'entreprise. Le modèle de la coopérative est pour moi une façon de travailler en communauté pour que tous se sentent «chez-soi», et travaillent autant pour les besoins de sa famille que de sa communauté.

     En ce sens, j'aime bien la vision asiatique:
 «Si je gagne, tu gagnes; si tu perds, je perds.» 




     Ceci diffère du principe de la Corporation, qui par définition, doit être profitable (à ses directeurs et actionnaires), et doit chaque année doubler lesdites profits. 



     Au sujet des corporations, je vous suggère le documentaire «The Corporation: The Pathological Pursuit of Profit and Power», qui est en tout point… le contraire du modèle que je cherche à faire!



Coopérative pour les entreprises / Coopérative pour la terre

     En vivant à l'éco-village, les résidents peuvent travailler dans l'une au l'autre des éco-entreprises au-travers de la coopérative du village. Ils ont donc un revenu familial, tout en favorisant le développement de leur communauté écologique.
     Mais le mouvement coopératif va plus loin encore que simplement les entreprises. Il s'applique aussi pour la terre sur laquelle les résidents vivent. Dans la même optique que le Fond Foncier Communautaire de TerraVie, la terre où l'éco-village sera fondé, sera la propriété de la coopérative, et donc, de tous résidents du village. Sauf pour les lots de terres qui seront des terrains résidentiels privés et les espaces protégés, la terre sera un espace commun et les produits de son exploitation revient à ceux qui ont travaillé sur le projet.


2.b) Visualisation des hameaux

     Pour faire suite au concept global de l'écovillage, voici une prévisualisation simple que j'ai fait pour illustrer mon idée d'urbanisme de l'écovillage que j'entrevoie. Comme je l'ai déjà dit, je ne suis pas une spécialiste de quoique ce soit, donc cette représentation reste naïve et nécessite d'être réviser par des professionnels (urbaniste, notaire, architecte et autres spécialistes législatifs, spécialistes du bâtiments, etc.). Elle n'est ici qu'à titre d'exemple, pour l'illustrer l'idée que j'ai en tête.

Hameau à six terrains

      Voici donc un hameau de six habitations, avec un espace commun au centre. Pour composer le village entier, il y aura plusieurs hameaux autour d'un centre commun plus grand encore (voir les autres images).
     La division du terrain se fait sur une grille hexagonale, pour faciliter le dessin des espaces circulaires. Les dimensions peuvent être ajustées en fonction des désirs et besoins des résidents (à voir par projets); je répète que ceci n'est qu'une illustration à titre d'exemple.
   


     A. Selon le schéma présenté ci-haut, il s'agit d'un territoire d'environ huit acres, dont environ 38% est boisé et le reste est en « paysagement nourricier » (de l'expression anglaise «edible landscape»; pour en savoir plus, je vous suggère cette vidéo d'une conférence TED Talk sur le sujet (en anglais et sous-titré en français) et qui a été une de mes plus grandes sources d'inspirations à l'origine de mon projet!)

     B. Un terrain résidentiel d'environ un demi-acre carré. Cet espace est la propriété des résidents. Peu importe la direction de la rue ou du hameau, les maisons font toutes face au Sud (et le mur Sud de la maison doit être doté d'une importante fenestration, ou d'une serre), pour maximiser l'énergie passive du soleil. Selon l'image ci-haut, une seule résidence privée style "unifamiliale" figure par terrain, mais rien n'empêche de faire des maisons en semi-détachés ou style "maisons de ville" (maisons plus petites en rangés) ou autre.

     C. Un espace commun, dont les six résidents du hameau peuvent se partager (espace et coûts) pour y installer ce dont ils ont besoin: jardin potager, serre commune, verger, parc d'enfant, piscine, étangs, poulailler, espace de stationnement supplémentaire, etc. Ils sont d'environ deux acres carrés. Selon cet exemple, l'espace commun de ce hameau est quatre fois plus grand que les terrains résidentiels.

      D. Autour des résidence, c'est boisé, pour assurer une intimité maximale des résidences. Le boisé est à la propriété de l'écovillage tout entier et devient un espace de partage pour les résidents. 

      E. Des sentiers pédestres, des pistes cyclables ou de ski de fond... ou des sentiers équestres ou des pistes de traineaux de chiens! ...peuvent être aménager selon le désirs des résidents du village en périphérie des résidences.

Un village à plusieurs hameaux




    A. Selon le schéma présenté ci-haut, huit hameaux de six terrains résidentiels sont réunis autour d'un grand terrain commun central. Il y aurait pu en avoir six ou douze... pour l'exemple, j'ai choisi huit. Il s'agit d'un territoire d'environ 140 acres (chiffre approximatif et arrondi), dont environ 30 à 50% est boisé et le reste est en « paysagement nourricier ». (Ceci est applicable pour le « coeur du village », mais le boisé peut être plus grand à l'extérieur du « coeur », selon le désir et intérêts des résidents).


     B. Un des huit hameau, d'environ huit acres chacun et de six terrains résidentiels chacun (tel que vu sur l'image précédente), et un terrain commun au centre pour les résidents avoisinants.

     C. L'espace entre les hameaux est boisé. Cette petite forêt à plusieurs avantages: couper le bruit de la circulation des voitures, rendre les lieux résidentiels plus intimes et plus tranquilles, en plus de pouvoir y aménager des sentiers pédestres, des pistes cyclables, ou de ski de fond... ou des sentiers équestres, selon le désir des résidents du village. Sans oublier que la forêt, c'est toujours magnifique, accueillant; sous ses feuilles, la chaleur abrupte de l'été est réduite, mais les grands froids d'hivers aussi en coupant le vent.

     D. Au centre du « coeur du village », un nouvel espace commun d'environ trente-deux acres. Selon le nombre de résidents et des besoins de ceux-ci, cet espace commun pourra abriter une fermette, des vergers, des paysages nourriciers, une serre commune plus grande, un semencier... Lorsque le nombre de résidents est suffisant, il devrait aussi contenir un centre communautaire, où se tiendra les assemblés, les événements spéciaux, les activités pour les jeunes ou les aînés. Il pourrait aussi y avoir le marché public, un petit magasin général pour les résidents, une garderie pour les tous petits, une piscine publique ou des étangs, les éco-entreprises, restauration, des stations de charge pour les voitures électriques, les activités touristiques, etc. Voir l'article sur le Concept Global pour d'autres idées à quoi le coeur du village pourrait servir.

     E. Pour ce qui est des routes et de la logistique urbaine, je répète que c'est un exemple et je n'ai aucun doute que les routes pourraient être mieux pensées. Par contre, je reste convaincue que dans un tel village, l'urbanisme devrait être pensé en fonction de limiter les déplacements en voiture à l'intérieur du village et mettre en avant les déplacements à pieds, à vélo, en chaise roulantes électriques, etc., pour une approche écologique et santé maximale.

     En dessinant le schéma sur une base circulaire, plus le centre est grand par rapport aux hameaux, plus il est possible de mettre de hameaux autour du centre commun. (La même idée s'applique pour le hameau en soit, plus les terrains résidentiels sont petits par rapport au centre commun et plus il pourrait y avoir de terrains pour un même espace commun).

Compagnonnage, une charte

     Il y a environ un an, à cette période-ci de l'année, j'étais à faire la planification de jardin pour le Valhalla, suivant le modèle permaculturel du compagnonnage.

Articles connexe:

     Le compagnonnage, c'est le principe de jardinage (applicable pour tous les types de jardins, plantes médicinales, potagers, horticulture...) selon lequel, pour chaque plante, on lui choisit des "compagnons". Un compagnon peut aider la plante en lui apportant des nutriments (par exemple, il est connu que les plantes de la famille des légumineuses apportent beaucoup d'azote au sol), soit en étant un répulsif de ses prédateurs et pestes, soit inversement en attirant des insectes protecteurs; dans tous les cas, les compagnons sont toujours bénifiques!

     La planification que nous avons fait l'an passé, consistait donc à trouver les plantes potagères que nous désirions faire pousser dans le jardin communautaire, et former des "guildes". Par exemple, un classique de nos jardins: nous avons déterminé que la Guilde #1 serait "Tomates", puis nous déterminions parmi la liste de compagnons des plants de tomates lesquels nous intéressaient et nous les insérions dans la Guilde "Tomates". Nous avions aussi une guilde pour les courbes (la Guilde des "Curcubitacées"), le famille des choux (la Guilde des "Brassicacées"). 

     Toutes les feuilles sont restées au Valhalla bien sûr (j'y vais de mémoire), mais j'avais pris la responsabilité de faire une grande charte pour nous aider et cette charte, je l'ai toujours. Et j'ai envie de vous la partager. Elle n'indique pas "pourquoi" une plante est bénéfique ou nocive pour une autre, mais elle reste un guide pratique (j'avais trois références entre croisées pour finaliser cette charte).

     Si dans le temps, mes expériences et expériences, je fais d'autres chartes, ou si je venais à réviser cette charte-ci, je ferai aussi une révision de cet article. :o)




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Les autres articles « Les Idées Vertes »:

  1. Les pelouses
  2. Les voitures à l'eau
  3. Objectif "Zéro déchets" 
  4. Le chanvre, écologique et multiusages 
  5. Maisons écologiques: « Qu'est-ce qu'un Earthship? »
  6. Charte de "compagnonnage" pour la planification de jardin.

2. a) Écovillage, le concept global

Écrit le 28 Février 2014
(Pour voir la suite des textes fondateurs du projet, consultez la page Projet pour voir la liste des articles)

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     Un peu partout sur ce site, pour décrire le projet du Dragon Vert, j'ai écrit ces lignes:

     «Le Dragon Vert, c'est l'expérience de créer un modèle d'écovillage permaculturelle axée sur la vie communautaire et familiale — de bébé à aîné. Le but étant de concevoir un modèle de vie simplifiée, auto-suffisante, durable, qui aura pour prétention d'aider à sauver la planète de l'impasse écologique dans laquelle nous vivons.
     Le Dragon Vert, ce sera aussi l'aventure de fonder ledit écovillage. Le tout documenté, depuis le modèle théorique jusqu'au processus de création et de mise en œuvre, en passant par les réglementations de construction, les échecs ou les impasses à éviter, et des trucs et astuces, au fur et à mesure que je m'épanouis personnellement dans ce processus.
     Je souhaite offrir cette expérience pour que d'autres puissent s'en inspirer, gratuitement, et fonder leur propre écovillage là où ils le veulent, dans le but de créer un réseau entre nous.»

     Je pense qu'il est maintenant temps d'élargir ces lignes pour une vison plus large et plus globale de ce projet.

Les mots centraux pour décrire le concept sont ceux-ci:
  • Permaculture
  • Écologique
  • Humanitaire
  • Local
  • Communautaire
  • Maraîcher
  • Éco-entreprises
  • En réseau inter-village
  • Avoir accès à… les bibliothèques et bazars de partage

Permaculture

     La permaculture est un des mots clefs à retenir pour le projet du Dragon Vert. La permaculture, c'est un mode de pensé, c'est une façon de vivre plus harmonieusement. Donc, en venant à l'écovillage du Dragon Vert, les gens désirent devenir permaculteurs.
     Pour en savoir plus sur la permaculture, je vous invite à visiter deux articles que j'ai déjà écrit sur le sujet: Qu'est-ce que la Permaculture (origine et signification) et Les principes de la permaculture (l'éthique de la permaculture et les dix principes fondateurs).

Écologique

     Commençons par le début. Depuis le début de mon intérêt vers les écovillages, je me suis rapidement rendue compte que ce mot est utilisé un peu partout comme une mode alléchante, soyons vert, soyons éco-responsable, mais chaque village a son concept bien à lui. Qu'ils s'appellent «éco-village», «éco-hameau», «éco-town», «quartier écologiques» ou autre, dans de nombreux cas, il s'agit d'un promoteur immobilier qui offre des maisons aux matériaux plus écologiques, sans plus.
     L'idée derrière le Dragon Vert va plus loin que la simple construction de maisons écologiques, quoique celle-ci reste tout de même fondamental au projet. Nous avons pris l'habitude d'acheter nos maisons et de vivre en «cellules juxtaposées», les uns à côté des autres, à suivre notre emploi serré du temps, puis rentrer à la maison.
     Pour le Dragon Vert, un «village» est bien plus qu'un agglomération de maison, c'est une communauté, qui accueille des famille. Et «famille», ça veut dire des bébés, des enfants, des ados, des jeunes adultes, des jeunes parents ou des parents vieillissants. Nous ne sommes pas tous parents, mais nous sommes tous l'enfant de quelqu'un.

«Il faut tout un village pour élever d'un enfant.»

Humanitaire

     Le Dragon se veut un projet à la fois écologique et humanitaire. Au centre de l'agglomération de maisons écologiques, il y a les gens qui les habitent. Un écovillage du Dragon Vert veut autant rapprocher les gens de la nature que de les rapprocher entre eux. 

     Ce qui ouvre la porte à deux autres points fondamentaux du concept du Dragon Vert: l'aspect communautaire et local.


Local

     Pour rapprocher les gens entre eux, rapprocher les familles, il faut au coeur du village, un centre communautaire, une garderie ou prématernelle, une école et des éco-entreprises. Les parents ont besoin d'un travail pour assurer le revenu familial; l'idéal étant de créer ce travail près de la maison, près de l'école où vont les enfants. Moins il y a de déplacements nécessaire pour se rendre au travail, plus sauve de l'argent, on est plus écologique, on gagne du temps, on diminue son stress… et on est de retour avec la famille plus rapidement!
     Cela n'empêche pas un ou plusieurs membres de la famille de travailler à l'extérieur du village. Il reste que la main d'oeuvres des éco-entreprises, de l'école et du centre communautaire du village devraient principalement venir des habitants de l'écovillage.

Communautaire

     Nous sommes habitués à nos vies «hermétiques», où chacun vivent dans une bulle, une cellule. En ville, nous sommes dans une foule «cellulaire», où chacun se sent d'autant plus seul et isolé (dans une ville!); un des paradoxe de notre temps.
     Un centre communautaire proportionnel à la grandeur du village, devient alors un centre pour les assemblées générales, pour les festivités, les spectacles, mais aussi pour toutes activités que les habitants du village pourraient désirer. Si l'éco-village est suffisamment grand pour accueillir une école, celle-ci devrait se trouver près du centre communautaire.

     Voici une liste petite liste (non exhaustive) pour illustrer des exemples d'activités autour du centre communautaire:
  • Garderie pour les enfants
  • Groupe de soutient pour les parents
  • Club des aînés
  • Maison des arts ou de l'artisanat
  • Maison de musique
  • Cuisine complète ou cafétéria pour des repas communs
  • Salle de gym, ou gymnase pour les sports intérieurs, yoga ou taï chi
  • Les bibliothèques et les bazars (voir la dernière section de l'article pour plus de détails)
  • Marcher maraîcher et/ou petit magasin général pour la vente de produits locaux, naturels et écologiques (par exemple, pour vendre les sculptures sur bois de M. Boisvert ou les poteries de Mme Santerre, résidents de l'éco-village)

Maraîcher et jardins

     Le «local» englobe aussi un grand volet du concept du Dragon Vert: la culture maraîchère à même le village. Il n'y aura pas de vaste pelouse verte à tondre à tous les dimanches. Quelle perte d'espace, les pelouses. Quelle perte d'énergie à entretenir: tondre le gazon, l'essence polluante, la tondeuse bruyante, un travail long, rébarbatif… pour quoi? Un terrain vide? (voir aussi mon article: «Idée verte 1: les pelouses ».)
     Non, les jardins du Dragon Vert, ce sont des vergers, des potagers, des buissons de baies, des jardins de plantes médicinales, du boisée. Rapprocher les gens de la nature, la vraie nature. Que ce soit sur le terrain de l'école, du centre communautaire ou des entreprises, il y aura de la nourriture qui poussera. Le mouvement, en anglais, s'appelle «edible landscape» ou «paysage comestible».
     L'éco-entreprise principale du village sera sûrement le marcher maraîcher, où l'abondance des cultures biologiques sera vendue au grand public.
     Autre que la culture maraîchère qui devrait être aussi centrale dans le village que l'école et le centre communautaire, il y aura bien sûr d'autres éco-entreprises.

Les éco-entreprises

     Il est fondamental que les éco-entreprises soient des coopératives, pour assurer l'égalité des travailleurs et la démocratie. Il va de soit, alors, que les multinationales dont le seul but corporatif est de faire des profits, n'ont pas leurs places dans le projet du Dragon Vert. Les profits des coopératives sont à la fois nécessaire pour réinvestir à même l'entreprise, que pour en faire profiter équitablement tous les travailleurs.

     Les fondateurs d'un éco-village devraient avoir en tête des thématiques pour les éco-entreprises. Le Dragon Vert veut reste «à grandeur humaine», donc pas de multinationales, ni de mégapole ou métropole. Voici une petite liste (non exhaustive) pour illustrer des exemples de thèmes:
  • Serre pour une culture quatre saisons
  • Serre «tropicale» pour la culture de produits exotiques locaux
  • Laine de moutons et/ou de lamas et tricots (vêtements, accessoires, autres)
  • Culture de chanvre pour le textile et la pâte à papier
  • Culture céréalière et farines
  • Produits d'animaux de la ferme (oeufs, fromage de chèvre, viandes…)
  • Plantes médicinales
  • Érablière
  • Apiculture
  • Centre de santé alternative (acupuncture, herboristerie, ostéopathie, reiki, méditation, taï chi, yoga, etc.)
  • Savons et cosmétiques artisanaux et naturels
  • Artisanats locales (bois, céramique, verre, artistes, etc.)
  • Thérapie équestre ou hippo-thérapie
  • Auberge, restauration, agro-tourisme et parc (forêt) touristique
  • Etc.
     L'idée du projet du Dragon Vert est de choisir plusieurs thèmes et un ordre de priorité d'exécution à court, moyen et long terme. Plutôt que de faire une grande métropole, l'idée est plutôt de faire plusieurs petits villages — des hameaux (100 habitations ou moins), des villages (100 à 250 habitations) ou des petits «town» (250 habitations ou plus) — chacun avec une thématique différente, et…

Créer un réseau

     Le «village des ruisseaux» pourrait être axé sur l'aquaponie et la culture de champignons, alors que le «village de bois joli» aurait une grande variété d'arbres fruitiers et érablière, le «village des plaines» lui, serait plutôt une culture céréalière et la «ferme d'avignon» elle, aurait les animaux et les produits dérivés. Étant unis dans un réseau inter-villages, une harmonie coopérative se crée par les échanges entre les produits que l'on fait chez-soi, contre des produits de l'éco-village voisin et membre du réseau.
     En portant l'humanisme parmi nos valeurs fondamentales, (sans non-plus tomber dans la corruption du monopole), la compétition agressive n'a pas sa place. Nous avons tous besoin d'argent, mais n'est-il pas plus simple de travailler ensemble pour le bien de tous, plutôt que de se mettre des bâtons dans les roues, se nuire, ralentir le progrès et l'épanouissement de chacun pour empocher égoïstement un peu plus de profits? Il est plus profitable, à mon avis, de s'épauler; si nous sommes deux à vouloir faire de l'aquaponie, travaillons ensemble pour ne pas avoir les mêmes variétés de poissons, tient!

Avoir accès à… les bibliothèques et bazars de partage

     Le visionnaire Jacques Fresco du «Venus Project» disait que plus important que la propriété, les gens désirent avoir accès à…
     Pourquoi être tous propriétaire d'une voiture, alors que celle-ci restera 80% du temps stationnée quelque part? À moins d'être menuisier, charpentier ou ébéniste, qui a besoin d'outils tous les jours? Donc l'idée-concept est donc d'avoir des «bibliothèques» de ces choses que nous avons besoin ici et là, à l'occasion:
  • Livres (bien sûr!)
  • Électro et matériel de cuisine, gros (donc difficile à ranger dans un espace restreint), particulier et spécial (ex: la grosse casserole pour cuire une dinde, un robot-culinaire, un extracteur de jus, une machine à pain…)
  • Outils (marteau, viseuse, perceuse, ciseaux à bois, etc.)
  • Matériel de camping (tente, barbecue portable, lampes à batterie, matelas gonflables, etc.)
  • Jouets et jeux
  • Voitures sur le principe de «Commune-auto» ou véhicules tout-terrain

Ou encore, un «bazar» d'échange de matériel usager, encore utile et en bon état:
  • Accessoires pour enfants (chaises hautes, parc, sièges d'appoint, jouets de bébé, bassinette…)
  • Jeux et jouets pour tous les âges
  • Meubles
  • Vêtements pour tous les âges
     Surtout lorsqu'on en vient aux enfants, les dépenses montent vite et ce sont des items qui ne dure pas longtemps dans la vie d'un bébé; les enfants grandissent si vite! De la première habitation d'un jeune couple, à devenir parents, d'avoir les enfants qui grandissent, puis qui quittent la maison familiale, voilà autant de phase dans de la vie qui font que les besoins de meubles, vêtements et accessoires changent. Pourquoi être propriétaire de tout cela, pour ensuite jetter ou vendre? Sans parler que parfois, nous recevons la visite d'une personne sur une période prolongée, qui pourrait nécessiter quelques petits ajouts temporaire à la maison.
     Plutôt que d'être propriétaire de tous… et ne pas en avoir besoin souvent, pourquoi ne pas plutôt donner accès aux habitants de l'éco-village à ces ressources et matériaux, se les échanger, ou les remettre au bazar lorsque nous n'en avons plus l'utilité, pour permettre à d'autre de les prendre?

***
(Pour voir la suite des textes fondateurs du projet, consultez la page Projet pour voir la liste des articles)


1.e) Régénération

Réajustement

     Quelqu'un sur Facebook m'a amenée à visionner cette vidéo de 15 minutes (en français), que je vous invite à regarder aussi :


      Je n'y ai personnellement rien appris de nouveau, vraiment. Ce que j'ai compris par contre, c'est combien moi, j'ai changé mes habitudes de vie au cours des dix dernières années. À un point tel que je suis moi-même légèrement déconnectée du monde réel. Ce qui m'invite à réajuster mon article 1.d) Être éco-responsable, car je disais «la nature ne réduit pas», «il faut simplement faire les choses plus intelligemment»...

     Ce que j'ai écrit le mois passé reflète toujours ma pensée; mais je dois préciser ma pensée et admettre que j'ai fait des choix de vie qui ne vont pas dans le sens de la surconsommation ou du capitalisme.

Vivre différemment

     Nous sommes une famille de quatre, je vie à la maison (mère au foyer) et pourtant, je consomme moitié moins d'électricité que les propriétaires précédents, qui était une famille reconstituée de trois (l'enfant une semaine sur deux absent) dont les deux parents travaillaient à l'extérieur de la maison.
     Nous avons fait un choix, lorsque nous avons aménagé ensemble il y a 14 ans maintenant. Par manque de finance, nous devions faire le choix «câble» ou «internet»; il y a 14 ans, personne n'a compris que nous ayons choisi l'internet sans hésitation aucune. La télévision nous a manqué un peu, au début, mais nous avons vite appris à nous en passer. Et même lorsque nous avions l'argent pour avoir le câble, nous sommes resté avec notre décision de vivre sans la télé, qui est si rébarbative à la fin, qui gobe tout notre temps pour nous laver le cerveau avec une quantité de publicités de plus en plus grandissante. Elle ne me manque pas la télé, je me sens au contraire libérée!
     Nous avons qu'une seule voiture, pas si grande et quand les gens s'emballe parce qu'ils voient quatre écrans d'ordinateurs sur trois mètre de bureau, il faut leur expliquer que l'un des écrans est un laptop, et les trois autres sont des écrans que nous n'avons jamais jetés! Le plus vieux a été notre premier écran plat lorsque ceux-ci sont devenus abordables et… je ne pourrais dire pourquoi, notre matériel ne brise pas. Nous le gardons longtemps. Mon conjoint et moi sommes très «zen» côté matérialisme; tous deux, nous détestons «magasiner». Au contraire, plus le temps avance et plus nous nous détachons de nos choses (enfin, mon conjoint a toujours été comme ça et moi, j'ai appris la différence entre «caprice» et «besoin»).

     Et nécessairement, ma vision d'un éco-village va dans le même sens que les choix que j'ai déjà fait, en envisageant ceux que je voudrais faire, mais qui sont compliqué tel que la société est conçue en ce moment, voir carrément impossible.

     Donc, par où commencer?

C'est «durable» ?

      L'an passé, j'ai écrit à propos d'un documentaire, ou plutôt une vidéo d'une lecture: «How can permaculture save humanity and the Earth, but not civilisation.» Je vais revenir sur l'introduction de M. Toby Hemenway dans cette lecture. Dans la toute première minute, M. Hemenway reprend la définition de «sustainable» (développement durable) tel que défini par les Nations Unies:

     «Le développement durable est le développement qui rejoint les besoins du présent, sans compromettre la capacité des générations futures à rencontrer leurs propres besoins.» 
      (traduction libre de ma part depuis cette vidéo en anglais). M.Hemenway prend le temps d'expliquer en quoi le point focal de cette définition semble plutôt être sur des besoins et combien ce mot est… malléable, flexible, élastique…
      Puis, il nous fait part de sa vision à lui, en plaçant le mot «sustainable» (développement durable) en mi-chemin entre un développement «dégénératif» et «régénératif» (à 3 min. 30 sec.). Comme nous sommes présentement dans un modèle si «dégénératif», selon lui il est urgent de changer vers un modèle «régénératif». Le développement durable, c'est comme répéter toujours la même chose, ça fonctionne, mais sans grand progrès. Ce n'est pas si bon. À titre d'exemple, il fait la blague de quelqu'un qui te demanderait : « Comment va ton mariage?» et l'autre répondrait : «Oh, c'est durable…» Voyez comme ça ne sonne pas si bon? C'est une bonne cible de départ, mais nous pouvons faire mieux encore. Il faut envisager la régénération.

Réduire? Oui, quand même un peu!

     C'est un leurre de dire qu'on ne peut pas réduire du tout. Lorsque j'ai dit qu'il était possible de le faire, j'oubliais les personnes qui changent de cellulaire tous les ans, qui changent de garde-robe vêtements, souliers ou de cosmétiques toutes les saisons pour être à la dernière mode, etc.
     Pour moi, qui n'a pas de portable, qui déteste la mode ou faire les boutiques, qui aime que toutes choses durent longtemps — vêtements, souliers, meubles, électroménagers, voitures, technologies, etc. — bien sûr que je n'ai pas à réduire! Je consomme déjà très peu! Nous avons fait réparer notre télévision deux fois… la troisième fois qu'elle a brisé, nous l'avons changé avec regret, car nous détestons l'obsolescence programmée qui réduit volontairement la durée de vie des objets manufacturés.
     Si l'on prend le temps d'y penser un instant: si c'était nous qui devions faire notre table de cuisine et les chaises, par exemple, ou qui devait fabriquer notre voiture de toutes pièces, nous les ferions pour qu'ils aient une durée de vie très longue, pour ne pas avoir à les refaire tous les cinq ans! On a autre chose à faire que construire constamment tous le matériel de notre maison! Si c'était nous qui les faisions, ne n'accepterions pas qu'ils soient aussi fragiles que les choses que nous achetons.
     Pour illustrer cette pensée du matérialisme, du capitalisme et de la surconsommation à outrance, j'ai cette réplique du livre/film «Fight Club»:


et tout de suite après:


     Dans sa vidéo, Mr Mondialisation a raison de démontrer que pour chaque solution écologique (par exemple, une voiture qui consomme moins d'essence), vient derrière la déculpabilisation d'utiliser encore plus la voiture. Et ça, M. Hemenway a raison de dire que c'est ça, le «développement durable», qui fait du sur-place et qui n'est pas si bon, à la fin.
       Et ce modèle n'est pas le mien. Ce n'est pas ma vision des choses. Je pense que ma vision a tout de même été bien cernée dans les articles précédents de cet introduction de projet, donc je ne les répéterai pas.

Solutions «régénératives»

      Par contre, je ne cesserai de marteler le fait que je vise les solutions «régénératives». Je pense que ce blogue tout entier est remplis d'exemple de solutions déjà et continuera à se remplir d'idées et solutions.
      Je travaille présentement sur le chapitre des «Règles d'or»; une fois terminé, je pense que ce chapitre sera l'un des mieux placé pour énumérer les solutions régénératives telles que je les entrevoit.



*** 

1) Introduction


a. Qui est derrière le Dragon Vert?
| Qui suis-je? | Inquiétudes | Idéologies | Être mère | Mission et (r)évolution |
b. Inspiration et Engagement
| Tout commença dans la noirceur | Un monde imparfait | Qui sauvera le monde? | Héritage et Engagement |
c. Qu'est-ce que le Dragon Vert?
| D'où vient le symbole du Dragon Vert? | Pourquoi ai-je choisi ce symbole? | L'oeuf du dragon, la naissance d'une idée | Projet du Dragon Vert | Informations gratuites, pourquoi? |
d. Être éco-responsable
| Ce n'est pas… | C'est plutôt… | La nature ne réduit pas Ce n'est pas… | Faire preuve d'intelligence | Écologie et technologies |
e. Régénération
| Réajustement | Vivre différemment | C'est «durable»? | Réduire? Oui, quand même un peu | Solution «régénératives» |

(pour voir la suite des textes fondateurs du projet, consultez la page Projet pour voir la liste des articles)




3b) Les principes de la permaculture

Éthique de la Permaculture

(Inspiré de: L'essence de la Permaculture et du document en anglais «Permacultre, by designing ecosystems that imitate Nature»)
  1. Prendre soin de la Terre (c'est-à-dire des sols, de la forêt et de l'eau);
  2. Prendre soin de soi-même (de sa famille et de sa communauté);
  3. Partager équitablement (les biens et les surplus tout en faisant attention à sa consommation)

Source: http://permacultureprinciples.com/

***

10 Principes de la permaculture

     Bill Mollison n'a jamais établis de principes proprement dit, par contre les enseignants en Permaculture se sont inspiré des textes de M.Mollison et de leur compréhension de la nature. Ainsi, dans le texte de L'essence de la Permaculture sont énumérés 12 principes de la permaculture, alors que dans «Permacultre, by designing ecosystems that imitate Nature» et plusieurs autres, 10 principes ont été énumérés. Pour avoir lu et comparé plusieurs textes, ces 10 ou 12 règles sont globalement les mêmes, avec une variation dans le titre du principe. Lorsqu'on s'attarde sur le fond de chacune des idées de ces principes, elles en demeurent les mêmes.
     « L'objectif des principes est de générer des directives pour le design, c'est-à-dire une marche à suivre pour respecter le principe dans le design spécifique. Un exemple simple serait que pour le #8 "Principe des fonctions multiples pour chaque élément", nous pourrions donner la directive que "Chaque élément inclus dans le design ait au moins 3 fonctions.» -- Wen Rolland.

     Ce qui suit ci-bas est fortement inspiré (et traduit) du texte «Permacultre, by designing ecosystems that imitate Nature», croisé avec le texte (traduit) du livre Gaia's Garden.

     Je vous invite aussi à lire sur le blogue de mon ami Wen Rolland «10 principes régissant la conception de système horticole en permaculture»; pour faciliter la comparaison des deux textes, j'ai modifié l'ordre des principes pour aller avec le texte de Wen. :)

***

1) Principe de l'observation et l'analyse du site

     Par l'observation du site au fil des saisons, nous pouvons mieux comprendre ce qui se passe naturellement sur ce lieu spécifique. L'aménagement paysager (jardins, boisés, vergers, étangs, etc.) et les bâtiments (maison, ferme, serre, etc.) seront ensuite fait en fonction des points cardinaux, de la pente du terrain, d'où s'accumule l'eau, d'où se trouve le corridor éolien, etc.
     Le permaculteur doit faire preuve d'observation patiente et réfléchie plutôt que l'action spontanée et irréfléchie. Il est impossible de faire un copier-coller d'une conception d'un site à l'autre. Chaque site est unique et le permaculteur doit adapter sa conception pour chaque site.
     Nous pouvons apprendre à coopérer avec la nature, travailler dans le même sens qu'elle (plutôt que de se battre contre elle). Une conception réfléchie et patiente réduira l'ampleur et la difficulté de chaque tâche à venir.

2) Principe de connectivité, de diversité et d'effet de bordure

     La diversité d'un système permaculturelle ne se compte pas en nombre d'éléments, mais en nombre de relations entre les éléments. Des associations multiples nourrira chaque forme de vie, ce qui favorisera la stabilité et la résilience de tout le système, tout en réduisant les problèmes pathologiques ou la compétition des nutriments.
     Les bordures entre deux systèmes sont particulièrement diversifié. Les zones humides par exemple encourage les relations entre les espèces aquatiques, terrestres et celles des zones humides.

3) Principe d'utilisation d'une technologie appropriée

     Les systèmes naturelles fonctionnent en soi très bien sans les technologies humaines. Un arbre par exemple est très efficace à collecter l'énergie solaire.
     Malgré le fait que la technologie semble propulser la productivité d'un système, des processus manufacturier, des transports ou l'entretient continu, tout cela demande en fait beaucoup d'énergie, augmente le nombre de tâches et produisent des polluants toxiques. En considérant tous les facteurs, la technologie peut en fait créer une perte d'énergie ou augmenter la masse de travail.
     Des technologies propres et simples, basées sur la gravité, le rayonnement, les énergies renouvelables, des matériaux naturels et disponible facilement — comme des vers pour le composte — sonne comme de bons investissements pour un future durable. 

     Dans un domaine où les matériaux de constructions conventionnels sont rares et dispendieux, nous pouvons par exemple construire des maisons ou des bâtiments à partir de bottes de foin, protégée d'adobe ou de stuc. Ces matériaux sont locaux, peu coûteux, facile à travailler, non-toxique et abondant. Ou encore construire des maisons de types Earthship, bâties à partir de matériaux recyclés et de terre, etc.
     Une autre exemple serait les maisons de sacs de terre, aussi appelé "Earthbags".
Exemple d'une maison style "Earthship"


4) Principe du cycle et de la collecte de l'énergie, des ressources et des nutriments

      Le cycle naturel d'une forêt ne crée que des nutriments et aucun déchet. Ce qui est un «déchet» pour une espèce devient un nutriment pour un autre. Ainsi, les animaux, les oiseaux, les insectes et les micro-organismes de la terre respirent l'oxygène produit par les arbres, les buissons et les plantes, et expirent un carbone qui est respiré par les végétaux. Le système digestifs des animaux conservent les nutriments nécessaires à leur survie et rejettent les excréments, qui deviennent la nourriture des végétaux qui prennent racines dans la terre.
      La pluie ruisselle jusqu'à la terre ou s'accumule dans les ruisseaux, où animaux et végétaux la boiront. Par la transpiration des végétaux ou des animaux, l'eau se vaporise, remonte au ciel et forme les nuages, pour ramener la pluie sur la forêt. Où il y a une forêt, il y a de la pluie. C'était une eau potable avant l'intervention humaine qui a compris un peu tard la nature sacrée de l'eau.
      Ces cycles sont parfait, équilibré et harmonieux. Rien ne se perd, tout se transforme et est redistribué, équitablement et en abondance. Voici un modèle vers lequel s'inspirer pour un future durable. 
       L'énergie et les nutriments ont tendance à se précipiter au travers du site rapidement. Il est possible de les "collecter" pour ralentir leur l'élan et ainsi laisser le temps à tout le système de bien l'assimiler.
      Aménager un fossé ou une rigole est un exemple classique en permaculture pour accumuler l'eau qui ruisselle le long d'un pente et ainsi permettre une meilleure distribution de l'eau de pluie le long de la pente, et peut-être aussi éviter des surplus d'eau ou inondation tout en bas. Chaque cycle est une opportunité pour un meilleur rendement.

5) Principe de la petite échelle

     Utiliser un développement à petite échelle, à grandeur humaine, mais maximiser chaque système. Débutez à votre porte avec un petit système qui «fera la job», à la hauteur de vos moyens, puis agrandissez au fil de votre succès. Un système agricole bien monté, par exemple, peut avoir un rendement incroyable sur une parcelle de terre aussi petite qu'un acre et parfois moins.

6) Principe des ressources biologiques et renouvelable

     Les ressources biologiques et renouvelable (habituellement d'origine d'êtres vivants et leurs produits) se reproduisent, s'accumulent facilement avec le temps, assurent un rendement et le stockage d'énergie et interagissent avec d'autres éléments.
     Utiliser ces ressources biologiques et renouvelables peut favoriser la santé général du site, de ses habitants (humains, animaux, végétaux, etc.) et du rendement, et au fil du temps réduire les besoins des éléments externes du système. Travailler avec les matériaux locaux réduit ou annule complètement les coûts de transport et la pollution qui y est rattaché, tout en diminuant le coût des différents projets. C'est en évitant les coûts accablants que les projets écologiques à portée de tous verront le jour!


7) Principe des éléments multiples pour chaque fonction

     Si la fonction, par exemple, est de chauffer une serre, penser à plusieurs sources de chaleur, en cas qu'un des systèmes soit défaillant. La chaleur du soleil est la principale source de chaleur de la serre, mais ensuite, il est possible de chauffer par la masse thermique d'un compost installé au centre de la serre, ou d'installer un «poêle rocket», ou encore une géothermie, etc.


8) Principe des fonctions multiples pour chaque élément

     Si l'élément est par exemple une clôture, elle doit avoir plusieurs fonction. Une clôture peut, bien entendu séparer le terrain, empêcher les animaux d'entrer dans le jardin, elle peut aussi être un élément pour augmenter la beauté du jardin ou devenir le tuteur des plants de courges, ou des vignes.

9) Principe de la succession naturelle

      Par la collaboration de la succession naturelle, nous pouvons observer qu'un système vivant avancera généralement de l'immaturité vers la maturité. Si nous l'acceptons et que nous nous y alignons avec nos conceptions (plutôt que de nous battre contre), nous sauverons temps et énergie (travail physique, électricité, carburant, etc.).
     Lorsqu'une forêt est perturbée, la nature débute un processus de guérison en se couvrant d'une variété de plantes qu'en d'autres situations, on les appellerait «mauvaises herbes». Elles préviennent l'érosion, fixe l'azote, crée un paillis, apportent des nutriments et rétablissent l'équilibre délicat des micro-organismes du sol.
     Pour restaurer une terre, il nous est possible d'accélérer le processus des successions naturelles en plantant ensemble une variété de plantes utiles et en les laissant suivre leur évolution naturelle. Dans un pâturage par exemple, nous pouvons introduire des charançons bénéfiques pour contrôler les chardons. Nous pouvons planter des annuelles et des légumineuses vivaces (par exemple, du trèfle) pour fixer l'azote du sol. Ou encore planter des espèces utiles comme de la luzerne, de la consoude ou des échinacées qui aideront à accélérer la progression vers un système productif et autosuffisant.
     Les écosystèmes matures sont plus diversifiés et productifs que les jeunes systèmes. Nous avons tous avantages à accompagner les systèmes que nous conceptualisons vers la maturité.

10) Principe du positionnement relatif et compagnonnage

     Le meilleur exemple que je connais pour illustrer le positionnement relatif et les bienfaits du compagnonnage, c'est le principe amérindien des «Trois soeurs». Les amérindiens plantaient ensemble du maïs, des courges et des haricots. La tige robuste du maïs servait de tuteur aux haricots, les haricots étant une légumineuse, fixaient l'azote du sol, ce qui était particulièrement favorable à la croissance du maïs et des courbes. Les courges elles, couvraient le sol de leurs larges feuilles, créant ainsi un microclimat, conservant l'humidité près du sol et éloignant certains nuisibles. Les trois ensemble s'entraidaient l'une l'autre, et formaient la base de l'alimentation des tribus qui faisait la pratique des «trois soeurs».
     Ainsi, en planifiant le jardin avec le compagnonnage des plantes, nous pouvons planter, par exemple, des plantes repoussant les vers près des choux qui sont vulnérables aux vers, ou planter de la cataire au jardin pour attirer les chats et ainsi éloigner les mulots ou les lapins, ou mettre des fleurs pour attirer les insectes pollinisateurs.
     Le positionnement relatif signifie aussi mettre les fines herbes près de la maison, et l'avoine près de l'écurie pour s'éviter des déplacements inutiles. Ou encore, de planter de la menthe sous l'écoulement du toit de la serre pour absorber les surplus d'eau et laisser l'arôme mentholé entrer par l'aération de la serre et ainsi devenir un répulsif pour les insectes nuisibles qui aiment le confort de la serre.
     Le positionnement relatif est donc une stratégie pour avoir un maximum d'impact avec le moins de gestes possible. Laissons la nature suivre son cours normal et simplement bénéficier de ses richesses et son abondance spontané.





     


Le jardin en spirale est un grand classique permaculturelle et un bon exemple du positionnement relatif des plantes. L'eau s'accumulant au bas de la pente, on plantera au bas les plantes avec un plus grand besoin en eau, est les plantes demandant une terre plus "sèche" en haut (au centre de la spirale)



Le concept de la forêt nourricière, le jardin forêt ou agro-foresterie est un autre exemple classique d'un positionnement relatif qui fonctionne à merveille.

Pour en savoir plus sur les forêts nourricière, je vous invite à consulter les pages de Wen Rolland, qui donne régulièrement des formations pour vous permettre de concevoir les vôtres.


Voir "Qu'est-ce que la Permaculture" ici. 


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