2.c) Une coopérative pour les éco-entreprises et la terre.

      Lorsque je regarde d'autres projets d'écovillage, il m'arrive de tomber sur des projets plutôt domiciliaires, qui sont dans des places parfois à rêver, mais qui… n'offrent pas tellement de solutions côté emploi. Si l'on quitte les grands milieux urbains, nous, en mal du système… il faut tout de même penser à un revenu.

Revenu?

     Le côté «économique» des choses rend souvent les coeurs froids; soit par l'appât du gain qui chavire si facilement vers la corruption; soit par la peur de cet appât! Dans les groupes écolo-sociaux, il n'est pas rare de tomber sur les sujets de «monde sans argent», comme dans la vision du visionnaire et futuriste Jacques Fresco, ou autre révolution économique, comme le propose par exemple Charles Ensenstein dans son livre «Sacred Economics». Et je suis d'accord avec ces points!


     Par contre, nous ne sommes pas rendu dans de telles société encore. Quoique je ne me suis pas encore fixés les idées sur quelle genre d'économie ou système financier j'aspire (je manque de recherches, d'approfondissement et de réflexion à ce sujet), ça reste pour moi un but à moyen ou long terme. Dans l'immédiat, la réalité des choses fait qu'il est plus facile de fonctionner en société avec le système monétaire et il est possible de le faire sans tomber dans la corruption.
     Si je peux me permettre une métaphore: lorsque nous avons un meurtre sous la main, le fusil est l'arme du crime… pas le criminel en soi! Il en va de même pour la monnaie, qui est avant tout un outil d'échange... et elle a la valeur qu'on s'accorde à lui donner.

Économie écologique?

     De plus en plus, le mot est dit haut et fort, «C'est le capitalisme (ou l'hyper-consumérisme) qui est responsable de la crise environnementale». Il va de soit que l'écologiste-activiste en moi n'est pas en faveur de l'hyper-consumérisme: c'est un non-sens à la vie de consommer toutes les ressources naturelles au rythme actuel, pour en faire des produits avec obsolescence programmée qui seront mort avant la véritable usure de lesdites ressources. Les poubelles d'aujourd'hui deviendront les mines de demain!
     Arrivés dans un nouveau éco-village, c'est très excitant tout cela, mais la vie continue! Et un revenu familial restera essentiel, en attendant les changements de société de ce côté. Je pense qu'il y a plusieurs ressources pour créer une «économie écologique» ou une économie «à grandeur humaine». Nous avons besoin de revenus, pas de tous êtres millionnaires! Et un revenu pour tous, c'est aussi possible sans saccager la nature, sans la saigner à blanc de toutes ses ressources naturelles.
     Donc, j'ai fait mention des éco-entreprises dans le Concept global du projet, mais je me dépêche de préciser que celles-ci devront être en coopérative!

Qu'est-ce qu'une coopérative?

     Sur le site du gouvernement du Québec, nous pouvons lire la définition des coopératives suivante:
     Une coopérative est une personne morale regroupant des personnes ou des sociétés qui ont des besoins économiques, sociaux ou culturels communs et qui, en vue de les satisfaire, s'associent pour exploiter une entreprise conformément aux règles d'action coopérative.
     Comme la société par actions, la coopérative est une personne morale distincte de ses membres et la responsabilité de chacun des membres y est limitée à la valeur des parts souscrites.
     Toutefois, elle se distingue des autres entreprises par le mode de répartition de ses excédents. Ceux-ci sont remis aux membres sous forme de ristournes, selon l'utilisation de chacun des services de la coopérative.
     Voici deux courtes vidéos pour mieux illustrer:




     Il y a donc un aspect lucratif à la coopérative, toutefois les revenus ne tombent pas dans les poches selon un mode pyramidal comme dans une corporation, mais elle est versée de façon égales entre tous. Ce sont aussi des entreprises très démocratiques, où chaque travailleur(se) a un droit de vote égale pour les décisions de l'entreprise. Le modèle de la coopérative est pour moi une façon de travailler en communauté pour que tous se sentent «chez-soi», et travaillent autant pour les besoins de sa famille que de sa communauté.

     En ce sens, j'aime bien la vision asiatique:
 «Si je gagne, tu gagnes; si tu perds, je perds.» 




     Ceci diffère du principe de la Corporation, qui par définition, doit être profitable (à ses directeurs et actionnaires), et doit chaque année doubler lesdites profits. 



     Au sujet des corporations, je vous suggère le documentaire «The Corporation: The Pathological Pursuit of Profit and Power», qui est en tout point… le contraire du modèle que je cherche à faire!



Coopérative pour les entreprises / Coopérative pour la terre

     En vivant à l'éco-village, les résidents peuvent travailler dans l'une au l'autre des éco-entreprises au-travers de la coopérative du village. Ils ont donc un revenu familial, tout en favorisant le développement de leur communauté écologique.
     Mais le mouvement coopératif va plus loin encore que simplement les entreprises. Il s'applique aussi pour la terre sur laquelle les résidents vivent. Dans la même optique que le Fond Foncier Communautaire de TerraVie, la terre où l'éco-village sera fondé, sera la propriété de la coopérative, et donc, de tous résidents du village. Sauf pour les lots de terres qui seront des terrains résidentiels privés et les espaces protégés, la terre sera un espace commun et les produits de son exploitation revient à ceux qui ont travaillé sur le projet.


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